La chapelle du Penity

Les archives municipales conservent sous la cote DD 28 un dessin daté du 20 juin 1776 représentant l’ancienne chapelle de Notre Dame du Penity. D’une dimension de 37,5 x 24,5 cm ce modeste plan est signé « David Ing ». Il est tracé à l’encre noire et rehaussé de couleurs par un ingénieur du roi ayant travaillé au plan d’alignement de la ville en 1764 sous la direction de l’ingénieur Gilles André. Ce document semble être la seule représentation d’une chapelle aujourd’hui totalement disparue qui se trouvait rive gauche de l’Odet, dans le prolongement de la place de la Résistance, en saillie sur la route de Locmaria à Quimper, au pied du mont Frugy, approximativement à l’endroit aujourd’hui occupé par le monument de la Libération de Quimper. Elle était orientée classiquement selon un axe est-ouest et connue sous le vocable de Notre Dame du Penity. En langue bretonne Penity signifiait anciennement maison de pénitence, avec le temps, il a fini par désigner une simple chapelle.

Plan de la chapelle du Penity en 1776Voir l'image en grand Plan de la chapelle du Penity en 1776Des origines incertaines
L’origine de cette construction est assez obscure. On peut cependant avancer que Notre Dame du Penity apparaît dans l’histoire de Quimper dans la première moitié du XVIème siècle. L’édifice avait été construit en forme de croix. De style gothique, il bordait sous l’Ancien Régime la belle promenade déjà arborée de Locmaria. L’édifice remarqué par le voyageur Cambry était surtout remarquable pour ses vitraux dont les ornements «espèces de filigranes, caprices d’architecture, arabesques légères étaient d’un fonds blanc relevé d’or». Les vitraux représentaient divers tableaux de la vie de la Vierge. Le bleu et le pourpre de ceux-ci étaient encore qualifiés d’admirables à la Révolution. A l’intérieur de l’édifice plusieurs blasons signalaient les seigneurs prééminenciers de la chapelle. Le blason de la ville de Quimper y figurait également en bonne place.

Une chapelle richement dotée
Au fils des générations, de nombreux quimpérois firent des offrandes et des fondations à cette chapelle de sorte que, dès 1571, l’on trouve mention de trésoriers, fabriques ou gouverneurs de « l’église et chapelle du Penity » chargés de s’assurer de la gestion comptable des biens temporels de Notre Dame du Penity et du bon versement des rentes dues à la chapelle comme de l’encaissement du produit des quêtes. Ces administrateurs étaient généralement désignés parmi d’anciens maires ou miseurs tels les Bougeant ou les Le Denic ou du moins parmi les notables de la communauté de Ville. L’amiral de Kerguelen y fonda le 19 novembre 1788 une messe perpétuelle pour le repos de l’âme de son épouse née de Bonte dont les cendres scellées dans une boîte en plomb, placée au pied d’un monument en marbre. La fondation perpétuelle ne dura quelques années.

Une chapelle en sursis
Lorsqu’en 1764 la ville se dote de son premier plan d’alignement, il s’agit de prévoir l’élargissement des voies existantes et l’ouverture de nouvelles voies. Mais les géomètres omettent dans ce plan de frapper d’alignement la chapelle du Penity. En juillet 1776, la communauté de ville envisage néanmoins la démolition d’une aile de la chapelle afin d’élargir la voie pour les voitures et permettre la poursuite de la plantation de la troisième allée d’arbres de la promenade. L’évêque de Quimper Conen de Saint Luc s’oppose fermement à ce projet par lettre du 29 juillet 1776. L’affaire en reste là. En 1786, le maire de Quimper Le Gendre, avocat et procureur du roi avec l’appui du Conseil de la communauté de ville sollicite l’intendant de Bretagne, Case de la Bove, qui lors de sa brève visite effectuée à Quimper avait approuvé le projet de suppression d’une aile de la chapelle. L’édifice n’étant pas frappé d’alignement sur le plan de 1764 approuvé par le roi, le consentement du prélat de Quimper s’avère indispensable : une longue et coûteuse procédure devant le Conseil royal semble être la seule voie possible.
La Révolution met finalement tout le monde d’accord. La chapelle subit les premières dégradations en 1791 lors d’une fête révolutionnaire de la Fédération. Les blasons et armoiries présents dans la chapelle furent grattés et rayés à coups de sabre.
Sous la Terreur et le Consulat, la chapelle du Penity est transformée en poudrière. La nouvelle vocation militaire du lieu ne le protégea cependant pas longtemps de la volonté du service de l’ingénieur des Ponts et Chaussées. En 1810, la démolition de la chapelle du Penity est achevée.

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