L'hôtel du Lion d'or, histoire d'une enseigne à travers les siècles

Sous l'Ancien Régime les dénominations Grand'maison et Lion d'or sont fréquemment attribués à de nombreuses auberges dans les différentes provinces françaises.

En 1594, l'auberge de la Grand'maison se trouve au Sud-Ouest de la place saint-Corentin. Le chanoine Moreau dans son ouvrage Les guerres de la ligue mentionne une auberge du Lion d'or près la porte Médard, dedans la ville.

A Quimper, l'histoire de ces deux auberges est intimement liée.

Le Lion d'or et la Grand'maison, une histoire commune

Tabeau de Jules Noël représentant l'hôtel du Lion D'orVoir l'image en grand Tabeau de Jules Noël représentant l'hôtel du Lion D'orA la fin du XVIIIème siècle, l'hôtel du Lion d'or est situé rue de l'évêché. Louis Desjobert dans ses notes d'un voyage en Bretagne effectué en 1780 nous livre une description de l'hôtel :

« ...La maîtresse de ce lion d'or à la langue bien affilée (...) se vantait aussi beaucoup d'avoir du beau linge et de servir proprement, mais sa maison est triste et enfumée, d'ailleurs, elle m'a fait payer d'une cherté excessive, me demandant 6 livres pour un morceau d'agneau, une omelette et des fèves, de sorte qu'une autre fois, j'irai dans cette Grande maison, qu'on dit être aussi une bonne auberge ».

L'auberge de la Grand'maison est, quant à elle, située sur la place Saint-Corentin. En 1790, elle appartient à la fabrique de la cathédrale et est occupée par le sieur Payen. Les états estimatifs et désignatifs des biens nationaux dressés par les architectes Bigot et Castellan nous livrent une description minutieuse de l'intérieur et de l'extérieur de l'auberge.

En décembre 1792, Jacques Bonnaire, propriétaire du Lion d'or, rachète le palais de l'évêché pour 28 700 francs et y installe son auberge. En 1795, Cambry en fait une description : « Le beau bâtiment de l'évêché sert à présent d'auberge ; on y reçoit des étrangers dans des appartements vastes, propres, bien éclairés meublés avec recherche ».

Durant les années qui suivent la Révolution, l'auberge de la Grand'maison est quant à elle tenue en l'an VI par le sieur Baudin puis par le sieur Ely ou d'Elly. Les états de section de 1816 confirme cette affirmation : « Elly, marchand, veuve Bonnaire, maison à deux étages dite la grande maison, 22 pieds sur 28 de profondeur, cour et écuries...115 toises. »

La maison d'Ely, futur emplacement de l'hôtel du Lion d'orVoir l'image en grand La maison d'Ely, futur emplacement de l'hôtel du Lion d'orLa vente de l'évêché au département s'effectue en 1809.

Bonnaire et sa femme doivent bénéficier jusqu'à leur mort de deux boutiques et d'une remise au rez-de-chaussée et d'un appartement au-dessus. Il leur est interdit de tenir auberge et doivent détruire le hangar en bois qu'ils ont fait construire dans la cour.

C'est probablement à cette époque que le Lion d'or est transféré à l'emplacement de l'auberge de la Grand'maison place Saint-Corentin.

Le Lion d'or, hôtel et relais à Quimper

Hôtel du Lion D'or et l'Action LibéraleVoir l'image en grand Hôtel du Lion D'or et l'Action LibéraleAu cours du XIXème siècle, le Lion d'or est un hôtel et un relais pour la diligence.

En 1831, il semble que c'est un sieur Queffelec qui habite au n°12 place Saint-Corentin. En 1836, la liste mentionne Kervélégan, femme Gilbert Marianne, aubergiste, 29 ans, 6 enfants. Jean Gilbert est loueur de chevaux à la même adresse. La famille Gilbert est tenancière de l'hôtel jusqu'à la deuxième moitié des années 1840.

En 1849, Jean Panetier semble leur succéder. Il apparaît déjà dans les listes de recensement de 1846 comme facteur de diligence place Saint-Corentin. En 1849, il est mentionné dans les registres de voirie comme hôtelier et demande l'autorisation de placer une enseigne en plâtre à la maison dite du Lion d'or.

En 1851, Constant Delamon prend la suite comme hôtelier et restaurateur. En 1858, il demande l'autorisation de faire poser une enseigne en bois contre l'hôtel du Lion d'or pour servir d'inscription à la diligence faisant le trajet de Rennes à Quimper.

La veuve Le Boulch devient ensuite propriétaire du Lion d'or jusqu'en 1883-1885 date à laquelle Jean David, garçon d'écurie, prend sa suite. Il fait plusieurs transformations sur la façade : blanchiment (1885), pose d'une plaque en tôle à titre d'enseigne avec la mention hôtel du Lion d'or (1888), alimentation en gaz de l'hôtel (1892), pose d'une devanture en bois le long de la façade et sur toute la hauteur du rez-de-chaussée de l'hôtel (1892), construction d'un trottoir dans toute la longueur de l'hôtel (1896).

La place Saint-Corentin durant les manifestations de 1902Voir l'image en grand La place Saint-Corentin durant les manifestations de 1902Joseph Gloaguen devient propriétaire entre 1908 et 1911. En 1924, il demande à refaire les enduits de l'hôtel du Lion d'or et à remanier la façade au rez-de-chaussée.

En 1926, l'hôtel du Lion d'or change à nouveau de propriétaire et est repris par la Société anonyme « Le relais Saint-Corentin » jusqu'en 1938. C'est au cours de ces années que l'enduit de la façade du Relais Saint-Corentin est enlevé pour laisser apparaître les pans de bois.

En 1939, la société Le Theuff et Cie reprend le Relais Saint-Corentin et en fait une dépendance de l'hôtel de l'épée.

En 1947, Alphonse Breton s'installe au rez-de-chaussée et ouvre une boutique de tableaux, aquarelles et dessins. Il est également le propriétaire du magasin situé 16 bis rue du Parc depuis 1939. Il y vend de la faïence au détail, des articles pour fumeurs ; il est également marchand de tabletteries en gros.

Le relais Saint-Corentin sert à boire et à mangerVoir l'image en grand Le relais Saint-Corentin sert à boire et à mangerSa femme, fabricante de capes, ouvre sa boutique au n°16 de la même rue en 1950. Elle y vend des broderies, dentelles, guipures, tulles et voilettes au détail.

En 1957, Alphonse Breton étend la gamme des produits qu'il vend dans son magasin place Saint-Corentin ; désormais on peut y acheter des tableaux de maîtres modernes, céramiques et verreries pour la table, la toilette, l'ameublement et l'ornementation, le ménage et l'horticulture au détail.

Aujourd'hui encore, le magasin l'Art de Cornouaille qui appartient toujours à la famille Breton vend de la faïence et des objets d'art.



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