Eglise de Saint-AlorFermée depuis le 1er septembre dernier pour des raisons de sécurité, l’église de Saint-Alor, située au coeur de l’ancien bourg d’Ergué-Armel, va bénéficier d’un vaste programme de restauration, lancé par la ville de Quimper. Réouverture prévue fin 2029.
Un édifice fragilisé
Depuis 2023, la ville de Quimper réalise des diagnostics architecturaux d’édifices communaux protégés au titre des monuments historiques.
Confrontée à des problèmes de toitures et d’entrées d’eau, l’église de Saint-Alor (inscrite au titre des monuments historiques en 1926) a bénéficié de cette étude globale entre octobre 2024 et 2025.
Un diagnostic complet a ainsi été réalisé par une architecte du patrimoine, Elodie Baizeau, entourée d’une équipe plurielle capable de dresser l’historique de l’église, l’état sanitaire (stabilité, état des bois, des maçonneries, des peintures, etc.) mais aussi d’établir un diagnostic paysager des abords de l’édifice (dont le patrimoine arboré du placître).
Son étude, rendue en 2025 s’accompagne de préconisations, d’un phasage et d’un chiffrage des travaux à prévoir.
Le diagnostic a révélé la fragilité, voire la dangerosité de la charpente de l'édifice. Une intervention était urgente pour la conservation de l'édifice et la sécurité des personnes.
Toiture
Son état a été jugé préoccupant pour la bonne conservation de l’ouvrage.
→ Etat de dégradation de la couverture en ardoise : désorganisation et chutes d’ardoises, provoquant des entrées d’eau dans la charpente ce qui entraîne le pourrissement des bois.
→ Dégradation d’éléments de charpente pouvant remettre en cause la stabilité de l’ouvrage : pourriture, attaques xylophages et rupture de certains assemblages.
Maçonneries
→ Présence abondante de joints et d’enduits à base hydraulique (étanches) et de ciment provoquant des remontées capillaires sur les murs.
→ Humidité à l’origine de la présence de sel et de salpêtre, et du développement de micro-organismes (algues expliquant le verdissement des pierres).
Risques électriques
Dus aux spots encastrés dans la voûte lambrissée et aux fuites en couverture.
Fermeture de l’église et organisation du chantier
Depuis le 1er septembre, l’église de Saint-Alor n’est plus accessible. En lien avec le presbytère Saint-Corentin, le culte a été délocalisé, notamment au sein de la chapelle Saint-Laurent, située à Ergué-Armel.
Avant l’installation d’échafaudages, plusieurs étapes préalables vont se dérouler ces prochains mois avec le recrutement de la maîtrise d’oeuvre et surtout la préparation du chantier.
Une importante mission concernera le mobilier présent dans l’église : un travail de recensement précis détermine ce qui appartient à la commune ou au clergé, ce qui doit être déplacé ou qui peut rester sur place en étant protégé, ce qui doit faire l’objet d’un traitement, en cas d’infestation par des insectes xylophages par exemple. Un atelier de restauration accompagnera la collectivité sur ce volet.
Le projet de restauration de l’église sera précisé avec le maître d’oeuvre, et défini en lien étroit avec la Conservation régionale des monuments historiques (DRAC de Bretagne).
Le principe consiste à conserver au maximum les éléments anciens (que ce soit en charpente ou dans les maçonneries).
Tout au long du chantier, des actions de médiation, des visites de chantier et des points réguliers seront organisés par la Ville.
Phasage du chantier :
Historique de l’église
Implantée au coeur de l’ancien bourg d’Ergué-Armel, peut-être depuis le XIIIe siècle, l’édifice est dédié à Saint-Alor qui fût le troisième évêque de Quimper au VIe siècle.
L’histoire de l’église actuelle, et de son enclos paroissial, commence vraisemblablement dans la seconde moitié du XVe et au début du XVIe siècle. D’abord constitué d’un simple quadrilatère, avec un ossuaire intégré, l’édifice se voit rapidement adjoindre un porche pour son entrée sud, donnant dans le cimetière paroissial (celui-ci est déplacé plus tard de l’autre côté de la route).
La façade principale est remaniée à l’époque classique (mi-XVIIe siècle) et rompt avec l’esthétique gothique du reste de l’édifice. Au XVIIIe siècle, l’attention se concentre sur l’aménagement intérieur.
Des travaux d’ampleur sont menés au XIXe siècle par l’architecte diocésain Joseph Bigot : agrandissement de l’église pour répondre au nombre croissant de paroissiens, pose de lambris, reconstruction des arcades intérieures et des murs extérieurs de l’église pour répondre à des problèmes de stabilité, allant jusqu’à reprendre les fondations sur 48 mètres linéaires et 1m65 de profondeur.
Dernière mise à jour le 20/03/2026