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Fauchage : une gestion raisonnée au service de la biodiversité

Fauchage : une gestion raisonnée au service de la biodiversité

Fauchage : une gestion raisonnée au service de la biodiversité Fauchage
Le 29/05/2026 • Mis à jour le 29/05/2026 | 13h55

Chaque année, à l’approche de l’été, les agents de la Ville de Quimper entament une campagne importante mais parfois méconnue : le fauchage des espaces enherbés. Cette opération, distincte de la tonte classique, constitue une part essentielle de l’entretien des espaces naturels et seminaturels sur le territoire de la commune, tout en s’inscrivant dans une logique de protection de la biodiversité.

Une gestion différenciée, pensée pour l’environnement

Contrairement à la tonte, qui intervient à fréquence régulière pour maintenir une hauteur d’herbe uniforme (environ 6 à 7 cm), le fauchage consiste à laisser se développer le couvert végétal jusqu’à 1 mètre de hauteur avant d’intervenir, généralement une à deux fois par an. Cette pratique favorise la floraison, la reproduction des insectes pollinisateurs et le maintien de micro-habitats pour la petite faune. Elle contribue ainsi activement à la qualité écologique du territoire.

Plusieurs types d’espaces sont concernés à Quimper : les bords de routes et d’accotements, les chemins (halage, garennes...), les prairies périphériques au centre-ville, ainsi que les espaces naturels urbains ou en lisière.

Un effort logistique important et échelonné dans le temps

Le programme de fauchage débute chaque année à la mi-mai et se termine fin juillet. Selon la nécessité, un deuxième passage peut être organisé en septembre, dans les parcs, jardins, bois, espaces naturels promenades.

Environ 400 points d’interventions en ville sont identifiés (hors accotements).

En pratique, il n’est pas possible d’établir un planning hebdomadaire précis. Le volume important de sites à traiter, les contraintes météorologiques (température et précipitation), la disponibilité du matériel ou encore les aléas techniques imposent une gestion souple mais rigoureuse.

Les équipes municipales travaillent en régie, mais aussi avec l’appui d’entreprises partenaires.

La régie municipale très mobilisée : 6 équipes de la DPVB avec notamment 2 tracteurs équipés (épareuse, gyrobroyage, et possibilité de fauche foin). A cela s’ajoute le fauchage des accotements enherbés réalisé par la DiMEP le long des voies communales, pour la visibilité et le débroussaillage réalisés par les collègues de la DCEDP sur les trottoirs, les caniveaux et certains passages non gérés par la DPVB. Et pour les ZAE, l’action de la DECTI avec les entreprises.

Ainsi, l’entreprise Kerne est intervenue dès la mi-mai, en commençant par les berges du halage avant de poursuivre par les abords du camping municipal puis les quartiers de Frugy, les allées du Braden et sur certaines zones du quartier de Kerfeunteun (Vallon de Kermoguer, le square de Kervouyec, etc). Elle mobilise des techniques variées, allant du débroussaillage manuel au broyage, adaptées à la typologie du terrain.

Parallèlement, l’entreprise Kérivel débute ses interventions (débroussaillage mécanisé par gyrobroyage grande largeur) début juin dans les zones boisées comme le bois d’Amour, Kerlagatu ou encore les parcelles naturelles de Villemarqué, Creac’h Gwen et les abords du Corniguel. Certaines zones, comme celles exploitées en foin bio par un agriculteur local, sont volontairement laissées en fauche tardive jusqu’en juillet. L’entreprise poursuivra sur des petites zones début juillet.

D’autres partenaires comme SEVEL services assurent le fauchage dans des secteurs comme Penhars ou Kerfeunteun, tandis que les stades (Ergué-Armel, Kermabeuzen…) sont progressivement traités à partir de juillet.

En parallèle, les équipes municipales prennent le relais à partir de juin, une fois les plantations printanières terminées. Le travail débute souvent par les quartiers de Penhars, puis s’étend vers Kerambellec ou les abords de rocades comme Louis-Le-Guennec. Les chauffeurs de l’équipe élagage
interviennent également dès mai, notamment dans les allées de Kerfeunteun et du Corniguel.

Allergies, faune sauvage : démêler le vrai du faux

Certaines inquiétudes exprimées par les habitants sont légitimes mais doivent être recontextualisées.
Concernant les allergies au pollen, il faut rappeler qu’il est matériellement impossible d’éviter la floraison de toutes les graminées allergisantes. La Ville recommande aux personnes sensibles de s’abonner à la newsletter du pollinarium sentinelle, outil précieux pour anticiper les pics polliniques à Quimper → www.alertepollens.org/newsletters/subscribe/?garden=4

Quant aux rumeurs sur la prolifération des rats, rien ne permet de confirmer une présence inhabituelle liée à ces zones enherbées : ce type d’habitat n’est pas leur préféré. En revanche, la présence de vipères est plausible dans certains secteurs naturels, mais ces animaux fuient le bruit et les vibrations.

Il suffit donc de rester vigilant et de marcher avec assurance.

Ces espèces sont protégées (arrêté du 08/01/2021). La vipère péliade est inscrite en catégorie EN DANGER dans la liste rouge de Bretagne. C’est un prédateur efficace des rongeurs… y compris les jeunes rats.

Les cas de morsures sont rares, de morsures envenimées encore plus rares (moins de 10 cas pour 10 000 morsures) et de morts exceptionnelles (4 décès depuis 2001). (source : programme nationale d’action Vipères de France hexagonale 2025-2030, sur le site du ministère de la transition écologique de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche).

Prévention simple : porter des chaussures en extérieur, marcher à pas lourds si on a un doute : la vipère choisira toujours la fuite si elle peut, si on en croise une, ne pas essayer de l’attraper et bien sûr ne pas la tuer !

Faut-il mentionner les tiques et la maladie de Lyme ? c’est un autre sujet récurrent dans les réclamations.
www.citique.fr/tiques-et-prevention/mesures-prevention-piqures-tiques/
www.bretagne.ars.sante.fr/les-tiques-et-la-maladie-de-lyme-0
www.info.gouv.fr/actualite/tiques-prevenir-les-piqures-reconnaitre-les-symptomes-et-agir

Le risque est existant mais pas aussi élevé en Bretagne que dans l’est (toutes les tiques ne sont pas contaminées par la bactérie responsable de la borréliose et une tique infectée ne transmet pas systématiquement la maladie lors de sa morsure).

Pour se prévenir des morsures de tiques, portez des vêtements longs, clairs et couvrants pendant les promenades dans la nature. Vous pouvez utiliser un répulsif cutané homologué contre les tiques.

Après chaque balade, veillez à inspecter soigneusement votre corps, celui des enfants et vos animaux de compagnie. Les tiques préfèrent les zones chaudes et humides du corps comme l’arrière des genoux, les aisselles, le cuir chevelu, le nombril ou derrière les oreilles.

En cas de piqûre de tique, utilisez un tire-tique (en vente parfois en grande surfaces, toujours en parapharmacies et pharmacies et chez tous les vétérinaires), de préférence un modèle en forme de crochet ou de pince fine. Évitez les pinces à épiler classiques, qui risquent d’écraser la tique. Consultez un médecin si des symptômes apparaissent.

Fauchage raisonné : un enjeu d’avenir pour la préservation des écosystèmes

Chaque année, à cette période, les services municipaux reçoivent de nombreuses sollicitations d’habitants s’interrogeant sur l’état de certains espaces verts non encore fauchés. Il est important de rappeler que tous les sites fauchés l’année précédente le seront également cette année, sans
exception.

Toutefois, les délais peuvent varier : l’ensemble des surfaces à traiter ne peut l’être simultanément, faute de moyens humains et matériels suffisants. Les secteurs les plus fréquentés, tels que les abords d’aires de jeux ou de zones de promenade, sont naturellement prioritaires et font l’objet d’interventions dès le mois de juin. Les zones périphériques ou naturelles sont, elles, traitées plus tard, parfois jusqu’en septembre, afin de laisser à la biodiversité le temps de s’exprimer.

Débroussaillage des pieds de clôture privées et des bords de sentiers de promenade, surtout en milieu urbain. Pour les premières : on prend les chantiers un par un, en optimisant autant que possible les déplacements d’équipes et d’engins, ce qui engendre la contrariété d’attendre pour certains. S’y ajoute parfois un sentiment d’inachevé, car on n’entre pas dans les propriétés privées pour « nettoyer » complètement les clôtures, du fait de difficultés d’accès (pied de talus…). Mais chacun a la possibilité de couper ce qui dépasse chez lui. Pour les seconds : débroussaillage dès mai pour les promenades les plus urbaines/fréquentées (halage, Frugy), et réalisé courant juin avant les promenades estivales en zone naturelle/rurale.

Le maintien de pratiques de gestion différenciée comme le fauchage raisonné s’inscrit dans une démarche de transition écologique, que la Ville de Quimper entend poursuivre et renforcer. Si ces choix peuvent parfois bousculer les habitudes visuelles ou provoquer des réactions, ils sont fondés
sur des objectifs de préservation des écosystèmes, de réduction de l’empreinte carbone et de valorisation du vivant en ville.

Les habitants sont invités à faire preuve de patience et de confiance : comme chaque année, la Ville procédera à l’entretien de ses parcelles et de ses chemins, dans le respect du calendrier établi et des engagements en faveur de la biodiversité. Il est donc inutile de multiplier les appels aux services
municipaux. L’organisation est en place, et chaque site sera traité avec soin.

Dernière mise à jour le 20/03/2026