Crues janvier 2026Quimper traverse une succession de forts épisodes de pluviométrie combinés à des coefficients de marée élevés, qui a fortement sollicité les cours d’eau et les réseaux de la Ville.
Face à cet aléa climatique, la ville de Quimper, en partenariat avec Quimper Bretagne Occidentale, les sapeurs-pompiers, la Préfecture, Veolia et la QUB, s’est pleinement mobilisée. Les priorités : gérer la crise en assurant la sécurité de la population et en limitant les impacts sur la vie quotidienne et l’activité économique, au quotidien, renforcer demain les mesures de prévention et la gestion des risques climatiques de demain.
Retour sur un événement climatique d’envergure
Les épisodes de crues de ce mois de janvier s’expliquent par une combinaison de plusieurs facteurs :
Historique des crues à Quimper
Les impacts sur les habitations, commerces et activités
Les secteurs les plus touchés par les inondations sont :
Au regard de la situation, la ville de Quimper a placé comme priorités la sécurité des personnes et la gestion des dommages aux biens. Cinq personnes ont quitté temporairement leur logement le 21 janvier (rue Auguste-Dupouy), avec une prise en charge par la Ville lorsque c’était nécessaire.
Une quinzaine d’interventions des sapeurs-pompiers a été recensée lors du premier épisode du 21 janvier, notamment pour des caves, des garages et rez-de-chaussée inondés.
Cette succession d’épisodes pluvieux a aussi eu des incidences sur les déplacements et sur l’activité du territoire, avec notamment la fermeture de voiries et des parkings (Providence, Steïr, Rouget-de-l’Isle, Michel-Gloaguen), l’annulation du grand marché du samedi ou encore la fermeture temporaire de certains établissements recevant du public comme la Maison de la petite enfance.
Une forte mobilisation pour répondre aux enjeux
Au regard des enjeux, la ville de Quimper a rapidement organisé une cellule de crise en présence des élus, des cadres et des services opérationnels le Plan Communal de Sauvegarde (PCS)* a été déclenché deux fois en amont des pics de crue et de marée, impliquant :
Des mesures ont rapidement été mises en place au regard de la situation :
A noter qu’un diagnostic est actuellement en cours pour mesurer les impacts et l’accompagnement des sinistrés, afin de déterminer ou non le caractère de catastrophe naturelle, qui répond à des critères nationaux très stricts. En effet, la demande communale de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle doit être motivée par l'intensité anormale du phénomène (cumuls de précipitations, débit des cours d'eau présentant une période de retour de crue égale ou supérieure à 10 ans).
A ce jour, douze inondations ont été classées en catastrophe naturelle à Quimper depuis 1995 et trois évènements liés aux risques côtiers ont été classés en catastrophe naturelle à Quimper depuis 2008.
La Maire a eu un premier échange avec le Préfet sur ce point. Dans tous les cas, les habitants ont été invités à déclarer sans attendre leurs sinistres auprès de leurs assureurs.
Agir pour aujourd’hui et pour demain
Ces événements confirment la nécessité d’une approche systémique amont-aval à l’échelle du bassin versant de l’Odet, visant à réduire les risques d’inondation liés au débordement des cours d’eau, à la submersion marine et au ruissellement.
Il n’y a pas une solution unique, mais un ensemble cohérent d’actions complémentaires déjà initiées qui seront complétées :
Une stratégie globale à l’échelle du Programme d'Actions de Prévention des Inondations (PAPI)
Prolongement opérationnel de la Stratégie Locale de Gestion du Risque Inondation (SLGRI) du Territoire à Risque important d'Inondation « Quimper - Littoral Sud du Finistère », le PAPI permet la réalisation de nombreuses actions organisationnelles et structurelles visant à réduire le risque inondation. Porté par le Sivalodet, la ville de Quimper et l’État, il s’articule autour de sept axes complémentaires que sont la connaissance du risque, la surveillance des crues, la gestion de crise, l’urbanisme, la vulnérabilité, le ralentissement des écoulements et les ouvrages de protection.
Un travail pour diminuer la vulnérabilité des habitants et des commerces. Des diagnostics gratuits de vulnérabilité du bâti sont d’ores-et-déjà proposés par la ville de Quimper et réalisé par Osgapi, bureau d’études spécialisé, à destination des particuliers et entreprises en zone inondable (d’après le zonage du Plan de prévention des risques inondations).
Lancés en juillet 2025, les diagnostics réalisés permettent d’identifier des mesures de protection, dont le financement de l’Etat peut atteindre 80 % pour les particuliers et 40 % pour les entreprises.
En 2025 : 163 diagnostics ont été réalisés. Pour 2026, 170 diagnostics sont prévus. Le financement de ces diagnostics est assuré par l’Etat à hauteur de 50%, par la Ville à hauteur de 50% (116 K€ inscrits au BP 2026 + 17,5 K€ pour la communication des diagnostics).
Le ralentissement des écoulements
→ Au niveau de l’Odet
Des travaux ont été réalisés dans le secteur de l’Hippodrome, suite à la crue de l’année 2000. Les digues de l’Hippodrome et leur batardeau protègent désormais le quartier de la gare SNCF contre les crues vingtennales.
Une étude a également été lancée pour la création de deux ouvrages de ralentissement dynamique sur l’Odet (ouvrage de Park Jaffré situé sur les communes de Langolen et Coray, celui de Roz Ar Gall sur Landudal et Elliant), pour un montant estimé à 40 millions d’euros.
→ Au niveau du Steïr
Suite à la décision d’arrêt d’un ouvrage de ralentissement en 2019, une étude des solutions alternatives pour la gestion des flux du Steïr a été réalisée (2022-2024). Elle a débouché en 2025 sur :
Ces études ont renforcé la volonté d’avancer dans le cadre d’une concertation indispensable avec les riverains et tous les commerçants, ainsi que d’envisager des solutions pérennes.
→ Concernant la submersion marine
Une étude est actuellement en cours pour déterminer les solutions de protection à l’échelle de Quimper et de l’estuaire de l’Odet. Les résultats sont attendus fin 2026.
Plusieurs pistes sont à l’étude, notamment la réhausse de la digue du halage à minima.
→ Concernant les solutions fondées sur la nature
Restauration du bocage (10 à 12 km/an), préservation des zones humides (documents d’urbanisme, projets d’aménagements), entretien et restauration des cours d’eau (40 km/ an sur le bassin versant de l’Odet, dont d’importants travaux post-Ciaran), démarches communales sur l’érosion (Quéménéven, Guengat, Plogonnec), adaptations des pratiques culturales (MAEC).
→ Concernant la gestion des eaux pluviales en milieu urbain
Exemple du chemin du halage à Quimper
La pluviométrie exceptionnelle a entrainé des afflux d’eau en provenance des secteurs urbanisés, rarement observés sur ce secteur, qui se sont conjugués aux effets de la marée.
Une pompe d’évacuation est installée depuis décembre dans le bassin du Cap, qui a permis de limiter les impacts sur les habitations. Le problème s’est situé sur le bassin du Paludec où trois pompes d’évacuation ont dû être installées. Des mesures complémentaires sont mises en oeuvre ce mercredi 28 et ce jeudi 29 janvier sur le bassin du Paludec : abattages d’arbres et réhausse du bassin dans son point le plus bas. Afin d’apporter des réponses durables pour ce secteur, Quimper Bretagne Occidentale a lancé fin 2025 une étude hydrologique sur l’ensemble du bassin versant.
Les solutions pourraient notamment se traduire par un reprofilage du bassin actuel, la création d’un poste de refoulement permanent sur le bassin du CAP et/ou d’un bassin de stockage supplémentaire, l’amélioration de l’hydraulicité des canalisations et de techniques alternatives de gestion des eaux pluviales sur le bassin versant.
Cette étude fera l’objet d’une présentation publique, à la fin du premier semestre 2026, en vue de partager aux riverains, le diagnostic et les solutions préconisées.
Le Plan Communal de Sauvegarde (PCS), c’est quoi ? *
Ce plan prévoit et organise l'ensemble des mesures à mettre en oeuvre sur la commune en cas de risque majeur. Le PCS est un outil à l'usage du maire, des élus et du personnel municipal offrant une stratégie communale globale face aux risques majeurs menaçant la commune.
Quel que soit la nature de la crise, le PCS a pour objectif de : - prévoir, organiser et structurer les mesures à prendre et les moyens à mettre en oeuvre face à un danger pour la sécurité civile (information, diffusion de l'alerte, protection de la population et des biens exposés, etc.) ;
- définir l'organisation communale à mettre en place pour coordonner les diverses actions de sauvegarde, d'aide d'urgence, de protection de la population et des biens exposés en relation avec les services de secours et de sécurité extérieurs.
A la différence des plans d'urgence élaborés par l'État (plan Orsec) qui ont vocation de secours aux victimes une fois la crise engagée, le PCS est axé sur des mesures préventives de sauvegarde des personnes et des biens. Il ne se substitue donc pas au plan Orsec mais le complète et facilite sa mise en place.
Le PCS est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité du maire. Il informe le conseil municipal du début de son élaboration. A l'issue de ces travaux, le PCS fait l'objet d'un arrêté du maire qui est transmis au préfet du département. L'existence ou la révision du PCS est portée à la connaissance du public.
Le PCS est activé par le maire (ou son représentant désigné) sur l'ensemble du territoire communal pour tout risque majeur nécessitant un renforcement et une coordination exceptionnelle des services de la Ville. L'autorité préfectorale est immédiatement informée de son déclenchement. Le PCS peut également être activé à la demande du préfet en complément au plan Orsec ou d'un plan départemental de secours spécialisé.