Georges-Philippe Fontaine, adjoint au maire en charge des finances et de la stratégie financière.Le vote du budget le 20 mars dernier marque un tournant pour la ville de Quimper. Dans un contexte de désengagement de l’État vis-à-vis des collectivités locales, le maire, Ludovic Jolivet, et son équipe, ont su prendre les décisions qui s’imposent : rejet de la hausse de l’impôt, maintien de l’investissement, maîtrise des dépenses de fonctionnement.
Quand une nouvelle équipe municipale vote son premier budget, elle donne le ton du mandat tout entier.
Cela est encore plus vrai à l’heure où les collectivités locales entrent dans la nouvelle ère des finances publiques. Une époque sans précédent où l’État n’a plus les moyens de porter à bout de bras les collectivités locales.
Quimper devra ainsi faire d’ici à 2020 une croix sur quelque 20 millions d’euros de dotations d’État. Le manque à gagner sera identique pour Quimper Communauté.
Cette situation n’est pas intolérable, pas plus qu’elle n’était imprévisible. Elle ne constitue en aucun cas une excuse.

Budget 2015 : les actions à votre service.La nouvelle équipe l’avait anticipée. Face à une telle situation, il y avait deux comportements possibles : se poser en victime ou s’adapter, et agir. « La chute des dotations est une tendance lourde, irréversible. Il n’y aura jamais de retour en arrière », souligne Georges-Philippe Fontaine, adjoint au maire en charge des finances et de la stratégie financière.
« Si j’avais un seul message à faire passer aux Quimpérois, ce serait le suivant : je souhaite que Quimper dispose de toutes les chances pour l’avenir et que chaque euro de nos concitoyens soit utilement dépensé », affirme pour sa part Ludovic Jolivet.
Les aides de Paris ? Non, on ne peut plus compter sur l’argent de l’État. Il coulait jadis à flot. Aujourd’hui le robinet est coupé. Et quand bien même il fonctionnerait, la ressource manque.

Budget 2015 : les perspectives d'investissement.L’emprunt ? Oui et non. Certes, la faiblesse de la croissance a pour (unique ?) avantage de produire des taux d’intérêt très bas. Mais gare à l’effet ciseau : quand la dette augmente et que parallèlement les capacités de remboursement diminuent.
Céder à la tentation de trop financer les investissements par l’emprunt aboutit rapidement à une augmentation des frais financiers et du capital de la dette, ce qui peut conduire à un dangereux déséquilibre.
La dette de la ville n’est pas insupportable. Mais elle a beaucoup grimpé depuis 2010 : de 30 millions d’euros à 47 millions.
L’augmentation des taux locaux d’imposition ? Non. « Nous ne tournerons pas le bouton du thermostat fiscal , affirme Georges-Philippe Fontaine. Ce serait une solution de facilité qui pénaliserait tout le monde. En revanche, faire venir de nouveaux habitants en relançant une politique de logement qui était à l’arrêt, accueillir et accompagner des créateurs d’emplois pour qu’ils se sentent les bienvenus chez nous, cela constitue un levier fiscal cohérent et efficace. Les familles et les entreprises n’en peuvent plus des ponctions fiscales. »
Pas d’impôts locaux en plus, une indispensable prudence dans le recours à l’emprunt, des financements nationaux qui se font rares… que reste-t-il donc comme marges de manœuvre pour équilibrer les comptes ?
La moitié des dépenses de fonctionnement relève du salaire des agents. La masse salariale a augmenté de 3 % en moyenne ces dernières années. Elle sera désormais mieux maîtrisée mais continuera de progresser mécaniquement malgré le gel du point d’indice.
Quelles solutions, alors ? « Agir sur les subventions et les charges courantes qui représentent pour chacune d’elles un quart du budget de fonctionnement, répond Georges-Philippe Fontaine. Pour ce qui est des associations, les situations ont été étudiées au cas par cas. Pour ce qui concerne les charges quotidiennes, nous travaillons sur la réorganisation des services et l’optimisation du patrimoine dont la ville est propriétaire. »
Premier bilan d’étape : en 2015, les dépenses de fonctionnement vont diminuer de 1 %. Ce chiffre peut paraître dérisoire.
Il n’en est rien. C’est la première fois dans l’histoire de la ville de Quimper qu’une telle baisse est enregistrée.
Parce qu’il est indispensable de sauvegarder l’investissement. « Nous le maintiendrons cette année à un niveau élevé : 27 millions d’euros, dont la quasi-totalité correspond en toute logique à des projets engagés par nos prédécesseurs, explique Georges-Philippe Fontaine. Nous ne pourrons imprimer notre marque qu’à partir de l’année prochaine. Sachant qu’il faudra probablement dans les budgets suivants, qui seront très difficiles et que nous anticipons dès maintenant, revenir à des volumes proches de ceux qui étaient réalisés entre 2003 et 2008, soit de l’ordre de 20 millions d’euros. Faute de quoi, un recours excessif à l’emprunt mettrait nos finances en danger. »
« Nous considérons que l’investissement est la clé du développement de Quimper et de l’agglomération, non seulement pour renforcer l’attractivité mais aussi pour donner du travail aux entreprises qui en ont tant besoin actuellement, conclut l’adjoint auxfinances et à la stratégie financière. N’oublions jamais que ce sont elles qui génèrent l’emploi. »

Baisse de la dotation globale de fonctionnement : Quimper perdra environ 20 millions d'euros sur la durée du mandat.Georges-Philippe Fontaine et Valérie Gacogne, adjointe chargée de la nouvelle gouvernance des politiques publiques, ont été missionnés par le maire, Ludovic Jolivet, pour lui soumettre d’ici au premier trimestre 2016 des propositions opérationnelles de réformes des politiques municipales.
Celles-ci devront prendre en considération les différentes hypothèses liées à l’évolution possible des dotations de l’Etat durant la période 2017-2020.
Dernière mise à jour le 20/03/2026