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Vœux 2017 : l’allocution de Ludovic Jolivet

Vœux 2017 : l’allocution de Ludovic Jolivet Lors de la cérémonie des voeux du maire de Quimper à l'Hôtel de Ville et d'Agglomération le samedi 28 janvier 2017.
Le 28/01/2017 • Mis à jour le 29/01/2017 | 20h32

Samedi 28 janvier 2017, Ludovic Jolivet, maire de Quimper, président de Quimper Bretagne Occidentale, a présenté ses vœux de bonne année à l’ensemble des acteurs associatifs, économiques et politiques de l’Agglomération.

En préambule de la cérémonie, plusieurs d'entre-eux ont été invités à faire part de leurs souhaits pour 2017. Une matinée présentée par Gurvan Musset.

L'allocution de Ludovic Jolivet

« Le maire de Quimper n’en voudra pas au Président de Quimper Bretagne Occidentale, ni au Président de Quimper Cornouaille Développement, de débuter cette intervention traditionnelle en évoquant ce qui a fait notre actualité récente et qui doit en réalité nous permettre de répondre à la question suivante : quel territoire voulons-nous pour agir au mieux des intérêts de nos concitoyens et pour dessiner un avenir à notre bassin de vie ?

Nous assistons à de profonds bouleversements des découpages territoriaux. Il suffit d’ouvrir son journal tous les jours pour constater qu’ici ou là tel ou tel maire, tel ou tel Président se pose la question de ce que doit être le territoire idéal.

Il faut bien dire que le contexte est mouvant et que la fameuse loi NOTre, notamment, bouscule bien des habitudes et remet en cause bien des découpages que l’on prenait pour acquis, mais qui dataient.

La Région, de son côté, pousse à la roue pour instaurer un dialogue privilégié avec les intercommunalités, des intercommunalités élargies, plus vastes... et délaisse les Pays. Le département est privé peu à peu d’une partie de ses interventions traditionnelles.

Nous ne sommes pourtant qu’au début d’un mouvement de grande ampleur qui va nous contraindre à considérer différemment nos partenariats et nos alliances, au sein de notre communauté de communes ou du côté de la Cornouaille.

Quimper Bretagne Occidentale : une réalité depuis le 1er janvier. C’est une bénédiction, une opportunité fantastique, le début d’une aventure vivifiante. Nous sommes plus de 100 000 ! 14 communes dont l’identité profonde sera toujours respectée ! A la table du conseil communautaire, il n’y a ni nouveaux ni anciens. Nous sommes égaux. Pas de préséance, pas d’antériorité.

Nous construisons ensemble cette entité sans complexe et sans limite, moteur et booster de la Cornouaille. Sa montée en puissance nous permettra de mettre en œuvre un développement harmonieux, cohérent et juste de notre bassin de vie.

Quimper Bretagne Occidentale est un concentré de talents. Il se voit de loin sur la carte. Il se vit de près au quotidien !

Il se pose et s’impose comme un territoire pivot entre Brest et Lorient. Il est fait pour compter. Il a envie de compter, et je ferai en sorte qu’il compte. Pour compter, doit-il envisager de grandir encore, pour trouver cette cohérence du bassin de vie que j’ai souvent évoquée ? C’est ma conviction mais je n’oblige personne à la partager.

A quoi ressemblera la Cornouaille de demain ? D’abord son contour « politique et géographique ».

C’est aujourd’hui un territoire aux multiples centres d’activité : il est comme disent les géographes « polycentré », de Quimperlé à Douarnenez, de Concarneau à Châteaulin. C’est une force. C’est peut être aussi un handicap dès lors qu’il s’agit de se mettre d’accord sur une vision commune. Si l’agence Quimper Cornouaille Développement assure la coordination stratégique, elle n’est pas souveraine, elle n’est pas l’exécutif.

Elle est davantage considérée comme un « guichet », un fournisseur de services dont on n’attend pas qu’il indique le chemin ou donne sa vision.

La notion de « chacun chez soi » prédomine souvent. Ma conviction est qu’elle sera belle et agile si elle se déleste autant que faire se peut des mouvements d’humeur ou de petits calculs microscopiques. Et je préfère l’équilibre à la taille. Mieux vaut un territoire resserré et agile qu’un territoire écartelé et statique.

En somme, j’adhère pleinement au fait que chacun aille où il veut, là où il pense que se trouve sa place. Et je laisse bien volontiers aux commentateurs de tous poils le soin d’en tirer les conclusions qui leurs plaisent.

Un territoire est toujours en évolution. Il n’est jamais terminé, abouti, finalisé. Quimper Bretagne Occidentale et la Cornouaille ont un destin commun. Quimper est un condensé de Bretagne, la Cornouaille aussi.

Nos marqueurs au niveau économique sont intimement liés à l’agriculture, à la pêche, à l’agroalimentaire. C’est une des principales forces de notre territoire. L’indépendance alimentaire de la nation se joue aussi ici. Nous devons en être fiers. La Cornouaille doit inventer, créer, produire les aliments de demain. C’est son positionnement.

L’imprégnation culturelle est forte, vivante. C’est un atout. C’est de l’authentique, ce n’est pas inventé, ce n’est pas du folklore. C’est cette dimension culturelle, c’est cette authenticité culturelle qui marque notre territoire, incarne l’attractivité de la Bretagne, de la Cornouaille, de Quimper, nos visiteurs, nous le disent. C’est une terre de destination. Notre économie, nos savoir en terme d’agroalimentaire, l’imprégnation culturelle, sont un ensemble d’atouts inégalé qui font la force de l’ouest Breton, de la Bretagne Occidentale, ces marques qui font la Cornouaille.

Nos valeurs accumulées, notre positionnement de territoire, nos choix de nous mobiliser, de cibler, de nous fédérer sur ces piliers sont la source de notre existence demain, dans un monde en mutation.

Pour exister sur cette cartographie des territoires, nous devons être mobiles et connectés. Depuis le 1er Janvier, la CCI Métropolitaine gère les aéroports du Finistère. Nous nous sommes accordés, Brest Métropole et Quimper Bretagne Occidentale, sur la pérennité des deux aéroports de la pointe de Bretagne. Et nous avons fait en sorte que leurs destins soient liés et qu’ils aient tous deux les moyens de leur développement. L’implication de la Région Bretagne s’est révélée décisive en l’occurrence. Tout comme l’a été l’engagement des élus nationaux, des responsables des CCI et de l’ensemble des acteurs du monde économique.

Grâce à cette mobilisation guidée par l’intérêt bien compris de notre territoire, nous sommes parvenus à garantir l’existence de l’aéroport de Quimper-Cornouaille jusqu’en 2037 ! Il s’agit maintenant de convaincre Air France et Hop ! de faire en sorte que l’avion soit à l’heure. Trop d’insuffisances du service – et j’en ai les témoignages fréquents – finissent par détourner les passagers de notre plate-forme.

Et enfin, en plein accord avec nos collègues brestois, il faut aussi donner à l’aéroport de la Cornouaille une mission précise, une vocation, complémentaire de celle de Brest. L’avion demeure un élément clé de l’accès à la Cornouaille, tant que le train ne fait pas mieux que les 3 h 30 de trajet annoncées pour le mois de juillet.

Comme pour l’aéroport, nous nous sommes aussi activés conjointement pour obtenir une desserte TGV de 3h30 en moyenne entre Paris et nos deux cités de la pointe de Bretagne. Nous allons gagner 20% de temps de trajet…J’en remercie vivement, là encore, la Région Bretagne et ses élus référents et responsables administratifs qui se sont investis sur ce dossier crucial pour notre territoire.

Le Breton n’est jamais content. C’est ce qui fait son charme. On peut et doit se rapprocher des 3 heures à l’avenir ! C’est le chiffre clef, face à l’avion, de façon à rester dans la compétition des territoires.

Mais tous ces débats, pour passionnants qu’ils soient, sommes-nous sûrs qu’ils retiennent l’attention de tous nos concitoyens ? Ne sont- ils pas de plus en plus nombreux à considérer que ces thématiques qui mobilisent la classe politique sont déconnectées de leur réalité quotidienne ?

La complexité de plus en plus grande de nos sociétés, l’instabilité et la prolifération des textes contraignent les élus à devenir des experts, avec le risque de s’éloigner des attentes. C’est la raison pour laquelle le Maire demeure un repère. Il continue à incarner ce besoin de proximité : la sécurité, l’action sociale, le soutien des initiatives de terrain…J’y suis, vous le savez tous, particulièrement attaché.

J’ai ainsi voulu, avec Philippe Calvez, avec les adjoints de quartiers Corine Nicolas, Valérie Le Cerf et Christian Le Bihan, renouer des liens de proximité qui s’étaient distendus faute de volonté et d’énergie. Les conseils de quartier fonctionnent remarquablement, produisent des idées, donnent des avis, phosphorent pour le bien commun. C’est aussi de la pédagogie démocratique. Je félicite ici chaleureusement chacun des membres, chacun des animateurs.

Ces liens, ces échanges, ces sourires, font que nous vivons bien ici, que nous vivons bien chez nous.

Le magazine L’Express a eu l’amabilité de s’intéresser à nous et nous lui sommes reconnaissant d’en avoir tiré les conclusions qui, en effet, s’imposent : il fait bon vivre à Quimper ! Pour nous, ce n’est pas un scoop ! Mais autant que tout le monde le sache grâce à la curiosité d’un grand magazine !

Cet appétit pour le débat et l’échange va trouver à s’exprimer prochainement à nouveau. Nous avons en effet décidé d’organiser, du 17 au 27 mars nos Etats généraux des politiques publiques. Les Quimpérois seront invités à s’exprimer sans tabous ni réserves.

La question clef sera la suivante. Elle est simple et complexe à la fois : faut-il mieux maintenir le taux d’imposition à son niveau actuel ou bien maintenir les services au public à leur niveau actuel ? Quels sont les marqueurs de la ville ? Dans quelles conditions faut-il les conserver ? Ou placer le curseur ?

Malheureusement, on ne peut pas faire tout et son contraire. Il faut choisir. Et choisir, c’est renoncer.

Il s’agira d’une consultation. Elle a pour but de faire de la pédagogie et d’exposer les données du problème. Tout ce qui sera dit sera soigneusement examiné, analysé, évalué. Il y aura forcément des idées-pépites et des pistes de réflexion audacieuses. C’est l’objectif !

In fine, bien sûr, les élus feront le tri et retiendront le meilleur, parce que telle est leur mission !

Quand nous sommes arrivés aux responsabilités en avril 2014, il pouvait être tentant de refuser tout compromis.

De prétendre que la baisse des dotations était injuste, excessive, impossible à gérer. Nous ne l’avons pas fait, parce que cela aurait sonné faux. Nous avons donc « joué le jeu ». Je me souviens à cet égard d’un échange avec le secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert, quasiment sidéré qu’un élu étiqueté de « droite » puisse lui dire en substance : OK pour l’effort des collectivités territoriales à condition que cela serve au désendettement de la Nation. Ce jour-là, je crois qu’il aurait pu me nommer adhérent honoraire au PS.

Mais cette loyauté envers un effort que je pense justifié m’amène à rappeler tout ce que nous avons accompli depuis 2014 en termes d’économies, de masse salariale et de réorganisations. Un seul chiffre : 6 millions d’économie en frais de personnel entre 2014 et 2016. Sur 17 millions d’économie au total. C’est dire à quel point la collectivité a donné l’exemple !

Nous avons refusé depuis le début du mandat de recourir au levier fiscal sur la ville de Quimper. Ce sera encore le cas à l’occasion du budget 2017 que nous voterons prochainement.

S’il fallait compenser la baisse des dotations de l’Etat, à l’euro près, cela impliquerait de voter 5% d’augmentation par an pendant six ans soit + de 30 %. L’Etat, le gouvernement, le parlement ont décidé de réduire la dépense publique. J’y souscris. Réduisons la dépense publique. Ne la répercutons pas sur l’impôt.

Je vais prendre un exemple que je connais mieux que quiconque : le montant de ma propre taxe d’habitation. 30 % d’augmentation, ce serait passer de 1600 € à 2200 €. Qui accepterait cela ? Certainement pas moi ! Probablement pas vous ! Alors que faire ?

Continuer à réduire la dépense, mais sans tomber dans le piège de l’immobilisme. Le budget investissement de la Ville pour 2017 : c’est 16 millions d'euros dont 10 millions d'euros de « récurrent ». Ces dépenses dites « récurrentes », reconduites quasi mécaniquement d’une année sur l’autre, concernent l’entretien de notre patrimoine.

Voyons le bon côté des choses, cela signifie que nous sommes bien lotis en termes d’équipements et de potentiel immobilier.

Un seul chiffre : 220 000, c’est le nombre de mètres carrés que la ville de Quimper assurait au 1er janvier 2016.

Le moins bon côté des choses, c’est que cela rogne nos marges de manœuvre et notre capacité à innover. Toutefois, nous avons écarté d’emblée la fausse logique qui voudrait que zéro impôt = zéro investissement. L’investissement, c’est la vie !

Nous allons phaser d’ici à 2020 plusieurs projets structurants qui répondent à des attentes fortes, des besoins cruciaux : la maison des associations à Ergué-Armel ; la salle des fêtes, face au Parc des Expositions ; un nouveau bâtiment des services au public à la Providence dans le cadre de la stratégie patrimoniale que nous avons engagée ; les locaux de l’ARPAQ, association emblématique s’il en est.

Et puis, en élargissant le champ, il y a les projets structurants à l’échelle de l’agglomération.

Notamment « 765 Avenue » – la nouvelle zone économique tertiaire de l’agglomération qui sera le Creac’h Gwen des prochaines décennies, quartier futuriste accolé à la gare dont le cœur battra au rythme du sang neuf apporté par l’intensification du trafic TGV et la réduction des temps de trajets vers et depuis Montparnasse.

Sans oublier, la salle multifonctions qui gagnerait à voir le jour à l’ouest de l’agglomération. Car tout territoire, qu’il soit modeste ou démesuré, a besoin d’équilibre.

Pour conclure, ou presque, permettez-moi une dimension plus personnelle. Je suis un enfant de Quimper. Je connais et j’aime ma ville profondément. Je suis fier quand je la vois animée, vivante, gaie au moment des fêtes de fin d’année qui ont été une réussite remarquable. Bravo à Allain Le Roux.

Je suis fier quand je relève que des classements élaborés par de grands médias – ça vaut ce que ça vaut – la positionnent en bonne place, comme l’année dernière en matière de création d’entreprise ou il y a quelques jours pour la qualité de vie.

Je suis fier quand je vois l’UJAP, le Quimper volley ou le Quimper Tennis de table porter avec talent les couleurs de la ville partout en France.

Je suis fier quand j’apprends tous les jours – je dis bien tous les jours – les succès et les performances des entreprises du territoire. Oui, ici aussi, au « bout de la terre » ou à « la tête du monde » comme on dit en breton, on entreprend et on réussit.

Je suis fier quand je vois la capacité des Quimpérois à se mobiliser pour venir en aide aux plus fragiles d’entre nous.

Je suis ému, encore aujourd’hui, quand je traverse les passerelles un soir de printemps et que je contemple le reflet des magnolias dans l’Odet.

Je suis heureux quand je rencontre les Quimpérois qui m’abordent sans façon et sans détour. J’aime cette relation directe, ces échanges francs, cet humour cornouaillais qui permet de se dire les choses en face avec le sourire.

Tout cela pour vous dire que la politique, au sens le plus noble, c’est-à-dire « l’action pour un idéal à travers des réalités » comme l’a dit le Général de Gaulle, la politique est ma passion.

J’ai choisi le territoire qui m’a vu grandir et que je veux à mon tour faire grandir.

Mais pas question de conclure sur une note aussi personnelle. Ce serait par trop autocentré. Et là, ce ne serait plus moi !

Je souhaite que le second tour de la primaire de la Gauche, demain, soit une réussite. La primaire s’est désormais installée dans notre paysage républicain, qu’on le veuille ou non. Je ne suis pas persuadé que les rédacteurs de la Constitution de la Cinquième République y auraient pensé spontanément. Mais ainsi va la démocratie.

On ne peut que constater que le peuple adhère à ce système qui a le mérite de clarifier les positionnements des principaux partis, et cela qu’ils veuillent gouverner ou s’opposer, après que chacun des prétendants ait mis à sa façon cartes sur table.

Et dans quelques mois, nous serons appelés à voter, tous ensemble cette fois-ci, pour désigner celui ou celle qui aura la responsabilité de donner du sens à ce qu’est la France dans le monde d’aujourd’hui.

Et puis, dans la 1ère circonscription nous élirons notre député-e. Nous avons cette chance inouïe de pouvoir désigner celles et ceux à qui nous confions le soin de nous représenter.

A l’inverse, beaucoup d’ennemis obsessionnels de la République nous haïssent pour notre indépendance d’esprit. Ayons bien conscience qu’en votant, nous faisons barrage à leur folie destructrice et à leur désir maladif d’annihiler chez nous toute forme d’autonomie de pensée.

Je vous souhaite une bonne et belle année à toutes et à tous ! Bloavez mad d'an holl ! »

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