Quand Quimper finançait la statue de la Liberté de New-York

C’est un fait certainement peu connu des Quimpérois mais la Ville de Quimper a participé au financement de la statue de la Liberté érigée à la suite du centenaire de la fête de l’Indépendance américaine célébrée en 1876.

Cette généreuse idée lancée par l’écrivain français Edouard Lefevre de Laboulaye se concrétisa par l’engagement dès 1870 du sculpteur Bartholdi chargé de la réalisation du modèle de la Statue. Gustave Eiffel reçu pour mission à sa suite de concevoir l’armature du colosse offert aux Etats Unis par la France.

La statue monumentale devait être érigée dans le port de New-York sur Bedloe's Island, sur les fondations en étoile d’un ancien fort militaire auquel la statue donna son nom de Liberty Island.

En France, la campagne de financement pour la Statue débuta à l'automne 1875. C'est l'Union franco-américaine, fondée en 1874, qui se chargea d'organiser la collecte des fonds pour la construction de la Statue. Souscription pour l'édification de la statue de la LibertéVoir l'image en grand Souscription pour l'édification de la statue de la Liberté

Le 5 mai 1876, le président de l’Union Franco-américaine Laboulaye écrivait au maire de Quimper, Joseph Astor, pour solliciter une participation de la ville : Nous espérons Monsieur le maire que le Conseil municipal de la ville de Quimper voudra bien adhérer à notre œuvre qui rappelle de si nobles souvenirs à tous les cœurs français et qui, au point de vue de nos intérêts est destiné à exercer une grande influence sur les relations des deux pays. Les villes de Brest et de Rennes avaient elles-aussi participé à cette généreuse souscription.

Le 30 mai 1876 le Conseil municipal de Quimper votait une subvention de 100 francs or. Le 1er juillet 1876 le président Laboulaye écrivait au maire de Quimper : Le comité de l’Union Franco-Américaine a l’honneur de vous adresser tous ses remerciements pour la part que la Ville de Quimper prend à notre œuvre de fraternisation. Nous sommes heureux de pouvoir vous inscrire sur notre livre d’or qui doit être offert en album aux Etats-Unis pour être conservé dans leurs archives, l’adhésion de la ville de Quimper.

Le projet finalement retenu en 1879 allait représenter la Liberté éclairant le monde. Il s’incarnerait dans un personnage féminin d’inspiration classique, drapé, avec un bras levé, portant une torche, alors que l'autre retenait une tablette gravée, un diadème lui scindant la tête. Quimper y avait apporté sa pierre.

Le monument fut inauguré le 28 octobre 1886, haut de ses 92,99 mètres, la Liberté se tournait vers l’océan. Son flambeau allait désormais éclairer la route des millions d’immigrants et de déshérités de la vieille Europe et du monde entier, en quête d’un avenir meilleur.

Sur la base du socle de la statue les vers gravés dans le bronze de la poétesse américaine Emma Lazarus résume cette histoire du peuple américain :

Laissez venir à moi vos pauvres et lasses

Masses entassées, aspirant à respirer librement

Misérable rebut de vos rivages surpeuplés.

Envoyez-moi ces sans-abris, ballottés par la tempête,

Je lève ma lampe près de la porte dorée.

(Extrait du poème le Nouveau Colosse)

Pensé initialement pour restaurer le lien particulier unissant la France et les Etats-Unis d’Amérique, ce cadeau monumental du au génie français est finalement devenu avec les années le plus universel des symboles de la Liberté.

Une statue de la Liberté, une idée neuve ? Pas vraiment

La Révolution française créa un véritable culte à la Liberté, premier mot de la devise proclamée de la République. L’amour de la Liberté fut célébré par la jeune République française. Les ennemis de la Liberté ne méritaient que la mort. Ici et là, on érigea des statues de la Liberté. Quimper n’échappa pas à cet engouement. Sur la place Saint-Corentin devenue place de la République, là où se déroulait un grand nombre de cérémonies et de fêtes révolutionnaires, on érigea vers 1793 une première statue de la Liberté. Les adversaires du nouveau Régime comme un certain nombre de mauvais plaisantins profitaient des longues nuits quimpéroises pour l’affubler de toutes sortes d’oripeaux et lui faire subir nombre d’avanies. La statue dut être restaurée en l’an 6 et il fallut même la placer sous la protection de la garde nationale. En prairial de la même année, une nouvelle statue de la Liberté fut commandée au sieur Yves Etienne Collet, sculpteur de la Marine à Brest. Ce maître sculpteur réalisa également une statue de la Justice.

La statue de la Liberté quimpéroise fut sculptée dans une pièce de bois en orme fournie par l’ordonnateur de la Marine. L’œuvre fut payé le 23 Floréal de l’an 7. Cette statue de la Liberté disparue probablement à l’avènement de l’Empire.

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